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Fondation Louis Vuitton : un écrin de verre au service de l’art

Inaugurée il y a cinq ans, la Fondation Louis Vuitton est une œuvre architecturale singulière dans le paysage parisien, en lisière du Bois de Boulogne.

C’est l’histoire d’un chantier long de huit ans. Huit années, entre 2006 et 2014, ont en effet été nécessaires à l’édification du bâtiment qui abrite la Fondation Louis Vuitton, à Paris.

On la trouve à l’extrémité nord du Bois de Boulogne, où le Jardin d’Acclimatation fait office de frontière avec Neuilly-sur-Seine. C’est ici que Bernard Arnault, le patron de LVMH (Louis Vuitton, Moët, Hennessy), a voulu donner une vitrine aux actions de promotion de l’art de la culture engagées par le groupe au début des années 1990.

C’est donc ici, en 2006, que l’architecte américain Frank Gehry a initié la construction de l’édifice. M. Gehry qui, auparavant, avait été à l’origine d’un certain nombre de bâtiments « prestigieux » dans le monde, à l’image du Walt Disney Concert Hall (Los Angeles) et, plus près de nous, du musée Guggenheim (Bilbao) et de la Cinémathèque française (à côté du parc de Bercy, à Paris).

La construction d’un « vaisseau » de verre

Frank Gehry, apprend-t-on sur le site internet de la Fondation, « a eu pour ambition de concevoir à Paris un vaisseau magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France «.Le bâtiment est composé de 13 500 mètres carrés de verrière, faite de 3 600 panneaux sur-mesure répartis en douze « voiles ». Une vidéo, mise en ligne sur la chaîne YouTube de la Fondation Vuitton, en détaille les secrets de fabrication :

Pour ses premières esquisses, Frank Gehry s’est inspiré, explique-t-on du côté de la Fondation, « de la légèreté des architectures de verre et de jardin de la fin du XIXe siècle ». La construction s’est voulue en totale harmonie avec le respect de l’environnement et les principes qui régissent la mise en chantier de tout « bâtiment durable ».

« Dès le lancement du projet, la faune, la flore, les nappes phréatiques ont été observées et étudiées, les impacts acoustiques et l’accès de tous les publics anticipés et pris en compte », assure la Fondation. Le nettoyage des façades et des verrières est ainsi assuré par un système de récupération des eaux de pluie.

Ce qui attire l’œil lorsque l’on arrive à la Fondation Louis Vuitton, c’est notamment ce bassin sur lequel la structure semble posée. « L’édifice a été pensé comme un vaisseau s’insérant dans l’environnement naturel, entre bois et jardin, jouant de la lumière et des effets de miroir », précisent ses constructeurs. Effet réussi.

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Des formes « complexes »

L’édifice est venu « bouleverser les principes de l’architecture », selon le site web de la Fondation. Il se trouve, en effet, que Frank Gehry est l’un des pionniers de l’utilisation des nouvelles technologies dans la construction. Il s’est servi ici de Digital Projet, un logiciel 3D développé par Gehry Technologies à partir de l’outil CATIA de Dassault Systèmes.

C’est ce logiciel issu de l’aéronautique qui, rapporte la Fondation, « a permis de concrétiser les formes complexes imaginées par Frank Gehry ».

Outre ses milliers de mètres carrés de verre, la construction compte 19 000 plaques de Ductal, un béton blanc fibré. Sur 7 000 mètres carrés de surface utile, on y recense 3 850 mètres carrés d’espaces muséographiques, onze galeries d’exposition et un auditorium (entre 360 et 1 000 places).

Le dernier étage du bâtiment, en extérieurs couverts, offre plusieurs points de vue sympathiques sur Paris et ses alentours. On y voit en particulier le quartier d’affaires de La Défense :
La fin de la visite de la Fondation ouvre l’accès direct au Jardin d’Acclimatation (dont l’entrée est, en principe, payante). Ce qui ne gâche rien.

Le luxe suprême : un public conquis

La Fondation Louis-Vuitton, cinq ans après son ouverture, est un succès. Les chiffres sont implacables : après sept mois d’activité, elle avait déjà accueilli 750 000 visiteurs. Elle a même boosté les affaires du Jardin d’Acclimatation. « Sur les 8 500 personnes qui visitent le jardin chaque jour, 1 500 sont d’abord venues pour le musée« , pouvait-on lire à l’époque sur le site web de la radio France Bleue.

Au bout d’un an, ce sont 1,2 million de personnes qui avaient franchi ses portes.
L’exposition « Icônes de l’art moderne – la collection Chtchoukine » (2016) a été un véritable carton avec plus d’un million d’entrées. Elle a tutoyé le record absolu pour une exposition en France, détenu jusque-là par « Toutankhamon en son temps », au Petit Palais (Paris). Un record de 1,2 million de visiteurs qui datait… de 1967 !

Ci-dessous, la vidéo de présentation de l’exposition qui se tient actuellement à la Fondation Vuitton, « Afrique » :